Les propriétaires forestiers de l’Association Locale Montagne Centre et Sud redécouvrent l’Aulne

Les forestiers redécouvrent l’Aulne
L’Aulne glutineux est une essence souvent mal considérée car présente ou implantée dans des milieux humides, impropres à la production forestière. Cette essence est souvent valorisée en bois de chauffage. Mais une autre gestion est possible.
C’est ce qui a été présenté ce 25 septembre 2026 aux propriétaires forestiers de l’Association Locale Montagne Centre et Sud – Fransylva 88, au cours d’une nouvelle journée technique animée par Alexandre PETRUNIW, conseiller forestier de la Chambre d’Agriculture des Vosges intervenant pour le compte de Fransylva Forestiers Privés des Vosges.
La vingtaine de participants a pu se rendre sur le terrain pour observer différents peuplements d’aulnes : plantation post-tempête 1999, régénération naturelle âgée de 10 ans et peuplements déjà gérés. L’objectif était de réapprendre à connaître cet arbre dont la dynamique de croissance peut être très importante si on mène une sylviculture bien précise avec des interventions intenses et précoces. Une fois la bille de pied formée à l’âge de 10-12 ans, les opérations de détourage de tiges préalablement désignées doivent être mises en œuvre à intervalles courts et réguliers pour mettre le houppier en lumière et optimiser au maximum la photosynthèse, et donc la prise de diamètre.
Là où le bât blesse, c’est que les débouchés se sont considérablement réduits, avec une valorisation insuffisante du bois d’œuvre de qualité courante. Avec cette sylviculture, l’idée est de produire à moindre coût de la qualité supérieure. Au vu de sa rareté sur le marché, elle ne pourrait que trouver preneur. Sans parler de l’aspect économique, l’Aulne est également un allié sur le plan écologique : fixation de l’azote atmosphérique, amélioration de la litière du sol et de la qualité de l’eau, habitat pour la faune piscicole, fixation des berges, cortège important d’espèces associées… Autant de qualités, qui en font une essence d’avenir. Mais attention, il est un point à ne pas négliger : ses besoins en eau sont constants et conséquents.
Sa gestion repose donc sur une bonne connaissance de la station forestière (sol, réserve en eau, climat). Ainsi, au lieu de le cantonner aux bords des cours d’eau où il a certes toute sa place, il pourrait être une alternative de renouvellement des pessières (épicéas) ayant été plantées dans les fonds humides et marécageux. La journée s’est justement achevée sur la visite d’une parcelle d’épicéas fraichement exploitée dans laquelle les semis d’aulnes se sont installés en nombre. Parfait pour tester la méthode exposée tout au long de cette journée !
